Sur les traces de Galilée en Toscane

Certaines villes du nord de l’Italie, comme Pise, Padoue, Venise ou Florence, respirent la présence du grand scientifique qu’était Galilée. Monuments, instituts ou demeures, autant de lieux qui entretiennent la mémoire du savant italien. Ces lieux, et leurs liens à Galilée, sont malheureusement assez peu connus et le plus souvent absents des guides touristiques.

 

SOMMAIRE

Galilée à Pise
Galilée à Florence

Galilée à Pise

La maison natale

Galileo Galilei, fils de Vincenzo Galilei et de Giulia Ammannati, vit le jour le 15 février 1564 à Pise. L’emplacement précis de la maison natale fut longtemps sujet à controverses. On évoqua notamment une demeure située près de l’église Sant’Andrea in Chinzica (Kinzica), à l’intérieur des anciennes fortifications de la ville, mais aussi une maison à l’angle de Borgo Stretto et Via dei Mercanti, et que Vincenzo Galilei loua à la famille Bocca, dès fin novembre 1563. L’acte de baptême de Galilée, qui faisait référence à une certaine chapelle Sant’Andrea, permit de rejeter les hypothèses précédentes.
Sant’Andrea in Chinzica était en effet le lieu de baptême des enfants des gens d’armes qui vivaient dans la forteresse. Vincenzo Galilei étant maître de musique, Galilée n’a donc pu y être baptisé, et la maison évoquée n’était pas sa demeure natale. Il en va de même pour la maison Bocca qui faisait partie de la paroisse de San Michele in Borgo, nom qui n’apparaît pas dans l’acte de baptême.
L’église mentionnée dans l’acte de baptême désigne vraisemblablement la paroisse de Sant’Andrea Foris Portam, qui depuis le 16e siècle a sous sa juridiction la demeure de la mère de Galilée, Giulia Ammannati.
Bien qu’on ne puisse pas la visiter, la maison Ammannati est toujours visible au numéro 24-26 via Giusti, à Pise. Elle est considérée aujourd’hui comme la maison natale de Galilée, comme en témoigne la plaque posée sur sa façade.

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Maison natale de Galilée (casa Ammannati)

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  • Plus d’informations sur les recherches de la maison natale de Galilée, par Alberto Del Guerra, dép. de physique de l’Université de Pise (en italien).
  • Le même fichier disponible aussi ici.

Baptistère San Giovanni

Galileo Galilei fut baptisé le 19 février 1564 au baptistère San Giovanni, qui fait face à la cathédrale de Pise. Sur le livre de baptême conservé à la cathédrale se trouve la mention suivante : « Galileo di Vincentio Ghalilei fiorentino et di m.a Giulia sua donna fu batezato a di’ 19 ditto, compari e chavalieri forno el s.re Pompeo et m.r Haverardo de Medici in Chapella di S.to Andrea »
(Lettre C (1564-1568), carte 36 dos, num.221)

Cathédrale Santa Maria

Selon la légende, c’est dans cette cathédrale que Galilée, alors jeune étudiant en médecine, aurait découvert entre 1581 et 1584 l’isochronisme des oscillations du pendule en observant le balancement d’un lustre. Il découvrit, en utilisant ses battements cardiaques, que le lustre mettait la même durée pour faire un aller-retour (appelée période) alors que son ampleur de battement diminuait progressivement.
C’est Vincenzo Viviani, dernier disciple et premier biographe de Galilée, qui rapporta cette anecdote dans « Racconto istorico della vita di Galileo » (1564) : « avec la sagacité de son génie, il inventa la mesure très simple et régulée du temps au moyen du pendule, jusqu’alors perçue par aucun autre, saisissant l’opportunité de l’observer à partir du mouvement d’une lampe, un jour qu’il fut en la Cathédrale de Pise »
Cette loi est en réalité exacte seulement si l’amplitude des oscillations reste faible. La période augmente en effet légèrement si l’amplitude est grande.
Selon une idée répandue, le grand lustre aujourd’hui présent dans la nef centrale de la cathédrale serait celui que Galilée aurait vu osciller autour de 1583. Cette hypothèse ne tient pas car ce lustre, datant de 1587, est postérieur à l’épisode relaté par Viviani. Des éléments semblent indiquer qu’à l’époque de Galilée, un autre lustre, plus petit mais du même type que le précédent, était suspendu dans la cathédrale. Il est actuellement conservé au Camposanto Monumentale, dans la chapelle Aulla.

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Chapelle Aulla

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La Tour de Pise

La Tour Penchée est associée à un récit encore plus célèbre. Ce serait en effet depuis le haut de la tour que Galilée aurait réalisé, vers 1589-1590, les premières expériences de chute des corps. Bien qu’une inscription en latin le rappelle à l’entrée de la tour, la véracité historique de cet épisode est pour le moins douteuse.
« C’est alors que – écrit Viviani dans Racconto istorico della vita di Galileo (1564) – à la grande indignation de tous les philosophes, il démontra, à l’aide d’expériences, de preuves et de raisonnements exacts, la fausseté de très nombreuses conclusions d’Aristote sur la nature du mouvement ; conclusions qui, jusqu’alors, étaient tenues pour parfaitement claires et indubitables. Ainsi, entre autres, celle que les vitesses de mobiles de même matière, mais inégalement lourds et se mouvant à travers le même milieu, ne suivent aucunement la proportion de leur gravité, ainsi qu’il est dit par Aristote, mais se meuvent tous avec la même vitesse. Ce qu’il démontra par des expériences répétées, faites du sommet du clocher de Pise, en présence de tous les autres professeurs et philosophes de toute l’Université. »
Il existe plusieurs versions de cette histoire : dans certaines Galilée aurait laissé tomber une boule en fer et une en bois, dans d’autres un corps d’une masse double d’un autre, et dans d’autres encore il aurait attaché deux corps de même masse pour démontrer que les corps liés ne touchent pas le sol avec une vitesse double. Tout ceci n’est donc vraisemblablement qu’une légende, de la même manière que la célèbre phrase « e pur si move », prononcée à demi-mot devant l’Inquisition après l’abjuration du copernicanisme, n’est pas attestée historiquement.
Dans l’hypothèse où Galilée soit effectivement parvenu à des conclusions sur la chute des corps, il ne les exposa que bien plus tard, en 1638, près de 40 ans plus tard, dans « Discorsi e dimostrazioni matematiche intorno a due nuove scienze ».
L’expérience a cependant été réellement faite, notamment par Giovanni Battista Riccioli, du haut de la Tour Asinelli, à Bologne, en mai 1640, août 1645, octobre 1648 et janvier 1650.
« Et l’on trouva que deux globes d’argile, de même dimension, dont l’un, évidé, ne pesait que dix onces, tandis que l’autre, plein, en pesait vingt, qui partaient au même moment du sommet de la tour, arrivaient au sol à des moments différents. Et que, notamment, le plus léger restait de quinze pieds en arrière ».

La Domus Galilaeana

La Domus Galilaeana se trouve au numéro 26 via Santa Maria. C’est un institut culturel qui a pour but de collecter et de préserver les sources bibliographiques et documentaires sur Galilée et ses disciples. La bibliothèque de l’institut est riche de près de 40 000 titres, parmi lesquels des volumes, des iconographies et des documents manuscrits de Galilée.
La Domus Galilaeana possède des pièces uniques, comme cette lettre de Galilée adressée, le 16 octobre 1604, à Paolo Sarpi et contenant la première formulation de la loi de la chute des corps mentionnant la proportionnalité entre les espaces parcourus et le carré des temps.
L’Institut dispose également de documents émanant d’autres physiciens ou astronomes italiens, tels la correspondance épistolaire de Giovanni Schiaparelli, les cahiers de notes d’Ettore Majorana et les notes laissées par Enrico Fermi au moment de son départ pour les Etats-Unis.

Galilée à Florence

Eglise Santa Trinita & monastère de Vallombrosa

Dans l’une des versions manuscrites de « Racconto istorico della vita di Gaileol Galilei », Viviani affirme que le jeune Galilée reçut les préceptes de logique d’un père de la congrégation religieuse des Vallombrosiens de Santa Trinita. Cette mention disparut de la version imprimée et, aujourd’hui encore, le lieu des premières études de Galilée reste débattu : l’église Santa Trinita ou le monastère de Vallombrosa, située dans la commune de Reggello, dans la province de Florence.

Villa Medicea di Marignolle

Cette villa médicéenne se situe dans le faubourg sud de Florence, au numéro 30 Via di Marignolle. Plusieurs lettres, que Galilée reçut d’Antoine de Médicis (le 31/10/1611) et du philosophe français Marin Mersenne (le 1/2/1629), attestent que le savant italien fut hébergé à plusieurs reprises dans cette villa.

Marignolle

La villa

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Musée San Marco

Le musée occupe une vaste partie du couvent dominicain de San Marco et est lié à un épisode de la vie de Galilée. Début novembre 1612, une dispute éclata au couvent entre Galilée et le dominicain Niccolò Lorini, lequel qualifia d’hérétique la doctrine de Copernic sur le mouvement de la Terre. Malgré une fausse lettre d’excuse adressée à Galilée, Lorini poursuivit son attaque depuis le couvent. Le 7 février 1615, il communiqua à Paolo Sfondrati, cardinal inquisiteur, une copie de la lettre que Galilée envoya à son disciple Benedetto Castelli. Lorini affirma que la lettre contenait une doctrine contraire aux Ecritures : « Quant à moi, voyant non seulement que ce texte circule de main en main, sans qu’aucun des supérieurs ne l’arrête, mais aussi qu’ils veulent exposer les Saintes Ecritures à leur façon, contre l’interprétation ordinaire des saints pères, et défendre une opinion en apparence totalement contraire à ces Saintes Ecritures, m’apercevant aussi qu’il y est parlé peu respectueusement des anciens saints pères et de Saint Thomas, qu’on y piétine toute la philosophie d’Aristote […] pour toutes ces raisons, j’ai résolu, comme je le disais, de l’envoyer à Votre Illustrissime Seigneurie afin que vous […] puissiez, s’il vous paraît que des corrections s’imposent, mettre en oeuvre les remèdes que vous jugerez nécessaires, évitant ainsi que petite erreur au départ ne devienne grande erreur à l’arrivée. »

N.B : musée fermé au public (mi-juillet 2015) pour travaux.

Basilique Santa Maria Novella

Très intéressante sur le plan astronomique, cette basilique est également liée à la personne de Galilée. En décembre 1614, depuis la tribune de l’église, le dominicain Tommaso Caccini dénonça le caractère hérétique du système de Copernic, accusant par la même occasion Galilée qui en était partisan. Certains disciples de Galilée réagirent et Caccini en référa à l’Inquisiteur de Florence lui suggérant de réprimer « certains intellectuels insolents ». Dans les lettres adressées en 1613 au mathématicien Benedetto Castelli et en 1615 à Christine de Lorraine, grande duchesse de Toscane, Galilée revendiqua l’autonomie de la science sur la foi. Le 24 février 1616, l’Eglise de Rome condamna la thèse héliocentrique et décréta, le 5 mars, la suspension de l’ouvrage de Copernic jusqu’à ce qu’il soit corrigé. Le procès (le premier) se termina par l’admonestation du cardinal Robert Bellarmin, à l’encontre de Galilée, exigeant l’abandon de l’hypothèse de Copernic.

Villa dell’Ombrellino

Située au numéro 11 Piazza Bellosguardo, les origines de cette villa remontent à l’année 1372. Durant quatre cents ans, la villa de Bellosguardo, comme on la nommait à l’époque, fut la propriété de la famille Segni. Galilée résida dans cette villa, qui accueillit des hôtes célèbres, de 1617 à 1631. Il y rédigea deux ouvrages majeurs, « L’Essayeur » publié en 1623 et « Dialogue sur les deux grands systèmes du monde » publié en 1632. Le séjour de Galilée est rappelé par un buste et une plaque commémorative situés dans la cour d’entrée de la villa. Aujourd’hui centre de congrès, la villa accueille diverses manifestations.

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Vue extérieure de la villa

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Eglise Santa Maria del Carmine

C’est dans cette église que repose depuis 1620, Giulia Ammannati, la mère de Galilée.

Les maisons de Costa San Giorgio

La Costa San Giorgio est une rue montante du quartier Oltrarno de Florence où se trouvent les maisons que la famille Galilei acheta entre 1629 et 1634. La première maison fut vendue à Vincenzo Galilei, père de Galilée, le 20 décembre 1629 et la seconde fut achetée par Galilée lui-même le 18 août 1634. Hormis quelques brefs séjours, le savant italien n’y habita pas durablement et la maison fut le lieu de vie de son fils Vincenzio et son épouse Sestilia Bocchineri.
Début 1638, un médecin du Saint Office trouva Galilée si affaibli qu’il fut autorisé à séjourner dans la demeure de son fils, à Costa San Giorgio, afin de pouvoir se soigner. Cette permission était assortie de l’interdiction formelle de parler du mouvement de la Terre, aussi bien en public qu’en privé, et de l’autorisation de se rendre à la messe dominicale sans rencontrer quiconque. Il n’est pas établi que Galilée profita de cette permission, et si toutefois il séjourna à Costa San Giorgio, ce ne fut qu’exceptionnellement.
Aujourd’hui, sur la façade de cette demeure située au n°19 de la Costa San Giorgio, on peut observer un portrait ainsi que l’emblème de Galilée. Toujours sur la Costa San Giorgio, une des filles de Virginia (soeur de Galilée) fut religieuse au Couvent de San Girolamo (dit de San Giorgio), sous le nom de Soeur Arcangiola.

N.B : ces maisons, aujourd’hui propriétés privées, ne se visitent pas.

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Maison sur Costa San Giorgio

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Villa « Il Gioiello »

En septembre 1631, Galilée loua cette villa pour se rapprocher de ses filles, Virginia (soeur Maria Celeste) et Livia (soeur Arcangela), toutes deux religieuses au couvent de San Matteo, à Arcetri (collines au sud du centre de Florence).
Le 22 juin 1633, Galilée fut condamné à l’incarcération dans les prisons du Saint Office à Rome. La condamnation fut fortement voulue par le pape Urbain VIII (Maffeo Barberini), déjà ami, protecteur et admirateur de Galilée. Le lendemain, la peine fut commuée en une assignation à la Villa Médicis, puis plus tard à la résidence de l’archevêque Ascanio Piccolomini dans le « Palazzo delle Papesse », via di Città, à Sienne. Le séjour fut agréable à Galilée, qui résida dans un très bel appartement du palais et s’entretenait de sciences avec l’archevêque.
Ainsi qu’il le déclara à son ami Elie Diodati, c’est là qu’il retrouva la force et la quiétude nécessaires pour retourner à ses travaux : « […] à Sienne dans la maison de Monseigneur l’Archevêque […] je composai un traité sur un sujet nouveau, en matière de mécanique, rempli de nombreuses spéculations curieuses et utiles » (Ed. Naz. vol. XVI, p. 59). Galilée faisait ainsi référence au « Discours et démonstrations mathématiques concernant deux sciences nouvelles » publié en 1638. Galilée trouva également le temps de polémiquer avec des philosophes aristotéliciens et de poursuivre ses observations astronomiques.
L’ambassadeur de Toscane auprès du Saint Siège, Francesco Niccolini, demanda habilement au pape Urbain VIII d’autoriser le retour de Galilée à Arcetri. Le 1er décembre 1633, un décret du Saint Office permet son assignation à résidence à la villa « Il Gioiello », avec pour ordres de « demeurer seul, de n’appeler ni de recevoir personne » avec qui discuter de sujets scientifiques. Quelques jours après son arrivée à Arcetri, Galilée reçut la visite de Ferdinand II, grand duc de Toscane, qui lui rendit hommage et lui témoigna son affection.
Toutefois, peu de temps après que Galilée ait quitté Sienne, une dénonciation informa le Saint Office qu’il avait diffusé des opinions peu catholiques dans ses discours. Cette accusation eut pour effet de renforcer la surveillance de Galilée à Arcetri, à qui on autorisa cependant de sortir et de parcourir les quelques trois cents mètres séparant la villa du couvent pour rencontrer les filles, notamment Virginia l’aînée. Bien qu’assigné à résidence, il fut également toléré que Galilée reçût et envoyât du courrier. En cette période, ses livres connurent un grand succès, notamment « Le Meccaniche » qui fut traduit en 1634 en français par Marin Mersenne, sous le titre « Les Mécaniques de Galilée ». Quant à « Il Dialogo », sa traduction en latin, son impression à Strasbourg par les Elzevier et la publicité qui lui fut faite par le procès de Galilée ont permis ainsi de toucher un grand nombre de lecteurs dans toute l’Europe.
« Il Gioiello » fut aussi un observatoire. Dans une lettre du 7 novembre 1637, et plus en détail dans une autre datée du 20 février 1638, Galilée décrivit le phénomène de libration (qu’il nomma « titubazioni », « hésitations ») suite à des longues observations de la Lune. Ce n’est qu’en janvier 1639 qu’on permit à Galilée, en raison de son état de santé précaire, d’héberger le jeune Vincenzo Viviani, auquel s’ajouta, trois mois avant la mort du savant italien, le physicien Evangelista Torricelli.
Située au n°42 via del Pian dei Giullari, la villa conserve la mémoire de Galilée. Sur la façade se trouvent un buste (1843) et deux plaques commémoratives (1788 et 1942).

N.B : la maison, assez vaste à l’origine, semble avoir été partagée. Une famille demeure au n°48 où l’on peut lire l’inscription « Il Gioiello di Galileo » sur le mur. La visite de la villa semble pouvoir se faire mais uniquement sur réservation (avec un groupe constitué ?)

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Façade intérieure de la villa

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  • Plus de photos de la villa.

Basilique de Santa Croce & Galerie Palatine

Galilée mourut le 8 janvier 1642 à la villa « Il Gioiello ». Le cardinal Francesco Barberini, neveu du pape Urbain VIII, imposa au grand duc de Toscane, Ferdinand II, de ne pas célébrer de funérailles solennelles, ni de construire de grande sépulture, pour un homme qui fut condamné par le tribunal de l’Inquisition. Ferdinand II dut s’y plier et fit construire une petite niche funéraire dans la sacristie de Santa Croce.
Ferdinand II et son frère, le prince Léopold de Médicis, trouvèrent un moyen d’honorer le grand scientifique. Ils chargèrent le peintre Pierre de Cortone, de son vrai nom Pietro Berrettini, de réaliser une série de fresques sur les plafonds des salles de représentation du Palazzo Pitti.
Ces salles, dites « salles des planètes », arborent des symboles officiellement mythologiques mais faisant référence à Galilée afin qu’on se souvienne que ce fut depuis le Grand Duché de Toscane qu’il découvrit les quatre satellites de Jupiter, la morphologie de la Lune, les tâches solaires, les phases de Vénus et l’aspect tripartite de Saturne. Ainsi figurées, ces découvertes sont portées à la gloire de la Maison des Médicis. La salle de Vénus, la salle Jupiter, la salle de Mars et la salle de Saturne (les fresques de cette dernière étant signée par Ciro Ferri, élève de De Cortone) sont aujourd’hui visibles dans la Galerie Palatine, à l’intérieur du Palazzo Pitti.
Ce n’est seulement qu’à la fin du règne de Jean-Gaston de Médicis, près d’un siècle après la mort de Galilée, qu’il put reposer dans une sépulture digne de lui. Le 12 mars 1737, les corps de Galilée, de Viviani et d’une femme qu’on pense être sa fille Virginia, furent transférés dans une sépulture monumentale dans la basilique de Santa Croce. Très richement décorée, la sépulture est ornée de sculptures symbolisant les intuitions majeures du scientifique italien, ainsi que de deux statues aux extrémités. La première, réalisée par Girolamo Ticciati, représente la Géométrie et par extension les recherches que Galilée mena sur les plans inclinés et la chute des corps. La seconde, signée Vincenzo Foggini, illustre la découverte des tâches solaires. Le monument est surplombé d’un buste de Galilée tenant la lunette astronomique et de son emblème.

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Grande sépulture de Galilée

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Le musée Galilée

Fondé en 1927 à l’initiative de l’Université de Florence, l’Institut et Musée d’Histoire de la Science ouvrit ses premières salles d’exposition en 1930 dans le Palazzo Castellani (au n°1 Piazza de’ Giudici) qu’il occupe encore aujourd’hui. Après une fermeture de deux ans pour rénovation, le musée réouvrit au public le 10 juin 2010 sous le nouveau nom de Musée Galilée. L’inauguration coïncida avec le 400e anniversaire de la publication du « Sidereus Nuncius » en mars 1610, et dans lequel Galilée rapporta les découvertes extraordinaires faites grâce à la lunette astronomique.
Le musée conserve des pièces uniques, dont notamment deux lunettes fabriquées par Galilée et la lentille avec laquelle il découvrit les satellites de Jupiter. Des reliques du corps de Galilée sont également exposées dans l’une des salles du musée. Le doigt majeur de sa main droite, protégé dans une ampoule de cristal, est posé sur une base de marbre. Une inscription commémorative est présente sur ce support en marbre, elle est signée de l’astronome italien Tommaso Perelli (1704 – 1783). On trouve également l’index et le pouce de la main droite de Galilée ainsi qu’une de ses dents.
L’histoire du majeur se déroule en plusieurs actes. Il fut détaché du corps de Galilée, le 12 mars 1737, par l’érudit Antonio Francesco Gori, qui profita du transfert du corps entre sa sépulture originelle (sacristie de la Basilique Santa Croce) et la grande sépulture, érigée dans la Basilique Santa Croce à l’initiative de Vincenzo Viviani, plus jeune disciple de Galilée.
Le doigt passa ensuite à Angelo Maria Bandini, qui l’exposa à la Bibliothèque Laurentienne dont il fut directeur. En 1841, le doigt fut transféré dans la Tribune de Galilée (voir plus bas), fraîchement inaugurée dans le Musée d’Histoire Naturelle de Florence (plus précisément dans la section Zoologie, dite « La Specola« , située au n°17 via Romana). Le doigt rejoint enfin le Musée d’Histoire de la Science (aujourd’hui musée Galilée) en 1927 où il se trouve encore aujourd’hui.

  • Brochure de présentation du Musée Galilée
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Extrémité du tube de la lunette de Galilée

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Palazzo Viviani (ou « Maison des Affiches »)

Situé au n°11 via Sant’Antonino, ce palais fut la demeure de Vincenzo Viviani qui assista Galilée d’octobre 1639 à sa disparition en 1642. C’est également le premier monument public florentin dédié au savant italien. Au cours des décennies suivant la mort de Galilée, Viviani oeuvra pour lui faire ériger une grande sépulture, mais sans succès. La résistance des milieux ecclésiastiques était en effet très forte et l’on trouvait inoportun de célébrer la mémoire d’un homme condamné par l’Eglise.
En 1690, Viviani chargea alors Giovan Battista Nèlli de réaliser la façade de sa demeure, conçue avec courage comme un monument pour Galilée. Outre les inscriptions glorifiant les découvertes du savant italien, Viviani fit placer un buste de Galilée flanqué de deux bas-reliefs rappelant certaines de ses découvertes. L’un fait référence à l’observation des satellites de Jupiter, avec la lunette, pour déterminer la longitude en mer. L’autre rappelle le mouvement parabolique des projectiles qui fut l’un des nombreux sujets d’études de Galilée. Le Palazzo Viviani abrite aujourd’hui le Studio Art Centers International (SACI) de Florence.

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Façade du Palazzo Viviani

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La Tribune de Galilée

Construite à l’initiative du grand duc Léopold II de Toscane, la Tribune fut érigée en l’honneur de Galilée et se trouve au sein du musée d’Histoire Naturelle « La Specola » (n°17 via Romana). Conçue par l’architecte florentin Giuseppe Martelli, elle fut inaugurée en 1841 à l’occasion du troisième congrès des scientifiques italiens.
La Tribune consiste en deux chambres : une salle carrée surmontée d’une voûte et une salle adjacente, elle-aussi carrée, surmontée d’un dôme de verre et de métal. La place centrale est occupée par une statue monumentale, en marbre, représentant Galilée et sculptée par Aristodemo Costoli. Les instruments scientifiques de Galilée qui étaient exposés dans cette tribune furent transférés en 1927 à l’Institut et Musée de l’Histoire des sciences, rebaptisé Musée Galilée depuis 2010. Le vestibule de la Tribune est recouvert d’une lanterne de verre, aujourd’hui remplacé par du plexiglas, et de fonte. Cette lanterne constitue un des premiers modèles florentins d’architecture à structure métallique.
La statue centrale est surmontée d’un dôme orné de sept lunettes décorées de fresques qui présentent le développement de la science expérimentale selon une séquence chronologique linéaire où Galilée est au centre du récit. La séquence s’ouvre avec une fresque figurant :
1/ Léonard de Vinci en présence du duc de Milan, Ludovic Sforza (réalisée par Nicola Cianfanelli)
2/ Galilée démontrant les lois de la chute des corps (réalisée par Giuseppe Bezzuoli)
3/ Galilée observant la lampe de la cathédrale de Pise (réalisée par Luigi Sabatelli)
4/ Galilée présentant sa lunette au Sénat de Venise (réalisée par Luigi Sabatelli)
5/ Galilée, désormais aveugle et âgé, discutant avec ses disciples (réalisée par Luigi Sabatelli)
6/ une séance expérimentale de l’Accademia del Cimento (réalisée par Gasparo Martellini)
7/ Alessandro Volta présentant l’expérience de la pile devant Napoléon (réalisée par N.Cianfanelli, complétée par G.Martellini)

N.B : la Tribune se situe avant la billetterie du musée, ce qui permet d’y accéder gratuitement (mi-juillet 2015).

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« Galilée présente la lunette au Sénat de Venise »

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Galerie des Offices

Située Piazzale degli Uffizi, et réalisée par l’architecte Giorgio Vasari, la cour intérieure de la Galerie des Offices est un vaste espace entouré de piliers comportant des niches. Chacune d’elles abrite une statue à la mémoire d’un personnage de Florence ou de la Toscane.
Une statue de Galilée portant une lunette astronomique se trouve du côté de la cour qui longe le fleuve Arno. Elle fut sculptée en 1851 par Aristodemo Costoli.
A l’intérieur de la Galerie des Offices, on trouve (côté fenêtres) différents portraits numérotés de scientifiques et d’astronomes, parmi lesquels Johannes Kepler (n°46), Galilée (n°47), Tycho Brahe (n°32), Pierre Gassendi (n°60), Evangelista Torricelli (n°66), Giovanni Alfonso Borelli (n°67), Vincenzo Viviani (n°72), Isaac Newton (n°89), Gottfried Wilhelm Liebniz (n°93). Au niveau des portraits n°57 à 60, on trouve au plafond une fresque de Agnolo Gori, datée de 1663-1664 et figurant les mathématiciens toscans (Guido Bonatti, Francesco Giuntini (1), Paolo Matematico (?), Evangelista Torricelli, Padre Rinieri Olivetano (Vincenzo Renieri ?), Galileo Galilei).

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Médaillon figurant la démonstration de la lunette par Galilée.

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Cathédrale Santa Maria del Fiore

Un buste de Galilée est représenté, à l’extérieur, sur la façade du monument. Réalisé au 19e siècle (?) par Adolfo Calducci, ce buste est accompagné d’une représentation d’une lunette astronomique. L’ensemble se trouve dans le coin gauche de la rosace centrale, en bas.

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Détail de la sculpture

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Bibliothèque centrale de Florence

La bibliothèque possède la plus grande collection de manuscrits autographes de Galilée, parmi un fonds de plus de 300 manuscrits constitué à partir d’un noyau initial conservé grâce à la ténacité de Vincenzo Viviani. Cette collection s’est enrichie de documents de ses disciples de première et seconde génération, et de l’apport d’Antonio Favaro, éditeur inégalé des oeuvres de Galilée.
A l’extérieur de la bibliothèque, on peut observer, à droite, sur l’une des tours de la façade, une statue en bronze de Galilée portant une lunette astronomique. Sous la statue, on peut lire l’inscription « (A) PIV’ DIRITTO CAMMINO » que l’on retrouve dans l’ouvrage de Galilée « Dialogue sur les deux grands systèmes du monde » VII, 42. On trouve également, toujours sur la façade, une série de médaillons dédiés à des personnages célèbres, tels Galilée ou Léonard de Vinci.

N.B : malheureusement, l’entrée ne peut se faire qu’avec la carte de la bibliothèque (mi-juillet 2015).

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Tourelle dédiée à Galilée

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Jean-François Consigli

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